André Elbaz à Azemmour
Il est arrivé avec Françoise, son épouse, à heure dite
Comme à son habitude, il avait le sourire aux lèvres, il arrive un âge où on choisit ses rencontres
Cette rencontre, justement, c'est lui qui l'a proposée, pour être avec nous dans cette aventure du livre "papiers sensibles" (titre provisoire)
Un livre c'est comme un édifice, cela se construit pierre par pierre, chaque pierre est essentielle, celle d'André est en plus très belle
Des artistes d'Azemmour, des amis d'El Jadida, des passionnés de Casablanca étaient là à l'écouter nous parler de son travail, de ses débuts incertains
Entre théâtre et peinture, il a fait des collages, sans le faire exprès, pour faire des affiches, annoncer des spectacles
Je me demande s'il n'est pas devenu peintre parce que le destin s'en est mêlé, il a su l'entendre, intuition ou intelligence ?
Un petit garçon, André Elbaz, voulait devenir peintre sans savoir ce que peindre voulait dire, il n'y avait pas cette culture là à la maison, au Maroc
Toute sa vie il a composé des tableaux comme s'il mettait en scène une pièce, comme si la surface d'une toile était l'espace d'une scène de théâtre
Il a aidé des gens avec une méthode d'art thérapie inventée par Françoise et lui
L'artiste n'a pas oublié l'enfant devenu homme, le contact est facile
A Azemmour, dans mon salon rempli d'artistes et d'intellectuels, il n'y avait aucune star, pas de fans, pas de chichis, juste des femmes et des hommes qui s'exprimaient
Merci André, merci Françoise, merci à toutes les personnes présentes
André, Françoise, chez moi vous êtes chez vous
Marie-Jeanne Lorenté